Programme macrodéchets

Un sac plastique vient de s’envoler d’une décharge à ciel ouvert. Tombant dans la mer il devient un macrodéchet. Pendant de nombreux mois, il va circuler en surface, offrant un support à la vie marine, avant de se fragmenter en microplastiques, ou de disparaître dans les profondeurs.

Expédition MED bateau et chalut

Les observer, les géolocaliser, les compter, les photographier, identifier les objets usuels desquels ils proviennent, les suivre et en définir la courantologie. Ce phénomène est très important,  nous avons à faire à une pollution itinérante. Lorsqu’un fragment de plastique est récolté en mer, nul ne peut dire aujourd’hui, d’où il vient et depuis combien de temps il séjourne dans le milieu marin.

C’est pour cela qu’un des axes de recherche consiste à définir la courantologie advective des plastiques. Modèles et puissance informatique de calcul sont nécessaires à une représentation théorique des zones marines dites «  d’accumulation », c’est-à-dire des zones représentant des terminaisons advectives, parfois giratoires, dans lesquelles les fragments de plastique viendraient s’accumuler. D’autres zones à contrario, apparaîtront comme dépressionnaires et en terme de pollution, comme des zones ayant tendance à se vider des déchets.

Les travaux du M.I.O nous fournissent les cartes issues des modèles mathématiques. Expédition MED s’engage alors sur la Méditerranée pour tenter de corroborer la théorie.

 

  • Les Macrodéchets de surface (> 5 mm) : Ce sont les déchets les plus visibles, issus pour 80% d’entre eux de l’activité anthropique terrestre et pour les 20% restants, des activités des professionnels de la mer et des plaisanciers. On y retrouve des emballages et beaucoup d’autres objets usuels. Ces déchets, en se fragmentant, se disperseront en microplastiques.
  • Modéliser la circulation : L’un des axes de recherche actuels consiste à définir la courantologie advective des plastiques, c’est-à-dire à modéliser leur déplacement dans le cadre de la mer Méditerranée.

En effet, lorsqu’un déchet de plastique est récolté en mer en une position donnée, nul ne peut dire aujourd’hui d’où il vient, depuis combien de temps il séjourne dans le milieu marin, et où sont ses lieux d’échouages potentiels à la côte ou sur le fond.

carte MIO

 

 

 

 

 

 

Simulation de densité en macro-déchets (surface) après une advection de 3 mois, dans le sous-bassin Nord-Occidental Méditerranéen. On part d’une condition initiale homogène. Au large  et sur le littoral les tons rouges et vert indiquent des zones sujettes à une accumulation plus ou moins intense, alors que les tons bleus-blancs renvoient à des régions qui se vident.

Les données de « terrain » sont alors fondamentales pour construire et valider les modèles mathématiques spécifiques. Deux méthodes complémentaires sont ainsi utilisées pour étudier cette fraction visible des résidus plastiques:

  • Prélever les macrodéchets 

Il s’agit ici d’organiser une collecte de déchets dans les zones maritimes d’accumulation et de vidage. La technique utilisée est une adaptation des outils destinés à la récupération des déchets dans les ports et zones côtières : un barrage flottant muni d’un chalut de surface.

Chalut Thomsea

D’une ouverture de 7 m grâce à son système de bras, nous pouvons effectuer de longs transects, en zone côtière jusque dans les gyres de la Méditerranée.
D’un réglage assez complexe, le chalutage tient également compte de l’influence et l’orientation du courant pour choisir les zones à mesurer.

 

 

  • Qualifier par simple observation

Géolocaliser les agrégats de déchets observés en surface et identifier la nature les objets sont également des informations utiles à la compréhension du phénomène.

Partenaires :
Université du Sud Toulon-Var, Aix-Marseille Université,
CNRS/INSU, IRD, MIO, UM 110.

Entreprise Thomsea :  fabricant du Chalut