L’opération Déchets côtiers, sources et origines

 

Des résultats inédits qui modifient considérablement les chiffres couramment utilisé sur les origines des déchets côtiers.

L’approche de l’échéance de la  Directive Cadre « Stratégie pour le Milieu Marin » (DCSMM) engage les Etats-Membres de l’union Européenne, au bon état écologique de leurs eaux marines au plus tard en 2020 et les déchets marins sont un des critères. Au regard de ce calendrier  nous avons donc souhaité réaliser un état des lieux sur l’origine et les sources des déchets côtiers présents sur notre littoral.
Nous sommes partis du principe, qu’en identifiant
les sources d’émission de ces déchets et en les quantifiant, nous serons en mesure d’orienter des actions pour la mise en place de solutions durables.

Photos Laurent Desmaret et Expédition MED

Ce rapport qui s’inscrit dans une  démarche de collaboration citoyenne, provient d’une campagne de collecte participative réalisée en 2016 sur 16 plages de l’arc atlantique. Il rassemble les données de catégorisation de 144.997 déchets côtiers triés, catégorisés et quantifiés un par un, par une équipe de jeunes scientifiques, volontaires en Service Civique chez Expédition MED.

Pour télécharger le rapport complet, voir en fin d’article :

 

Ces résultats sont inédits et modifient considérablement les chiffres couramment utilisés.

Selon les  données généralement utilisées, il est communément admis que :

80% des déchets retrouvés en mer proviennent de la terre et que 20% des déchets retrouvés en mer proviendraient des activités maritimes –
Joint Group of Experts on the Scientific Aspects of Marine Environmental Protection – The new GESAMP : Science for Sustainable Oceans. 2005.

En effet, 144.997 déchets provenant du nettoyage (mars à mai 2016) de 14 plages du littoral atlantique ont été triés et catégorisés un par un selon un protocole standardisé par Expédition MED. Les premiers résultats confirment que les matériaux plastiques font systématiquement un score de plus de 90% pour chaque plage avec un résultat global de 96%.

Selon la catégorisation des déchets identifiés, les activités maritimes prennent une part conséquente, variable selon les plages et pouvant aller jusqu’à 70%. Ces résultats montrent que les déchets qui ont été identifiés comme provenant des activités maritimes sont les plus présents avec des résultats bien au-dessus des estimations habituelles :

  • 47,1% sont des fragments de plastique d’origines diverses non identifiables, révélateurs de la problématique de la fragmentation.
  • 30,4% sont des déchets identifiés en provenance des activités maritimes avec 42.332 déchets identifiés, dont 27% correspondant à 37.676 déchets catégorisés en filets, morceaux de filets et cordages.
  • 11,1% sont des déchets identifiés d’usage divers quotidien(jouets, briquets, bouchons, bidons, cartouches de chasse, etc.).
  • 7,9% sont des déchets d’origine alimentaire, dominés par les emballages de snacks et autres consommations rapides (confiseries, chocolateries…)

Selon l’Hypothèse de Dégradation Équivalente(voir le rapport) il ressort que la pollution par les déchets plastique est majoritairement causée par les activités maritimes, avec 37% des déchets collectés provenant directement de la pêche (présence majoritaire de filets, morceaux de filets et cordages pour 28%).

Nota Bene : Pour rappel, l’Hypothèse de Dégradation Équivalente estime que les déchets peuvent se dégrader et se fragmenter de manières similaires en fonction de leur matière et leur catégorie, la part d’une catégorie non identifiée devrait donc être proportionnelle à sa part identifiée, (voir le rapport).

Ces déchets catégorisés proviennent du nettoyage de plages réalisés de mars à mai 2016 par des associations du littoral Atlantique dans le cadre des Initiatives Océanes :

Brest (29) – Bretignolles-sur-Mer (85) – Douarnenez (29) – Guidel (56) – L’Houmeau (17) – La Barre-de-Monts (85) – La Forêt-Fouesnant (29) – Le Bois-Plage-en-Ré (17) – Le Porge (33) – Mimizan (40) – Montalivet (33) – Pauillac (33) – Plouharnel (56) – Saint-Brevin-les-Pins (44).

L’équipe d’Expédition MED a collecté ces déchets après chaque nettoyage de plage auprès des associations (citées dans les remerciements) ayant réalisées ces collectes. Ils ont ensuite été stockés, triés, comptabilisés, nettoyés un par un, puis classés selon le protocole dans de grandes catégories comprenant chacune des sous catégories (sc) :

  • Alimentaires (sc : 9),
  • Activités Maritimes (sc : 21),
  • Hygiène et santé (sc : 12),
  • Déchets d’usage quotidien (sc : 18),
  • Fragments non identifiables (sc : 5) pour un global de 66 sous catégories.
  • Verre(sc : 3),
  • Métal (sc : 3),
  • Tissu, Bois, autre

Tous ces déchets classés et débarrassés des algues, sable et autres éléments ont ensuite été pesés à sec selon leurs catégories.

Identification des marques :

« Si l’emballage permet de mettre en valeur les spécificités d’un produit tout en relayant l’image et les valeurs de la marque, celui-ci abandonné dans l’environnement peut produire l’effet inverse »

Parmi les déchets collectés, certains sont identifiables par la marque qui y est imprimée. Après identification, ces marques ont pu être catégorisées, suivant la même classification que pour tous les autres déchets.

La surreprésentation des produits alimentaires :

La très grande majorité des marques qui ont pu être identifiées concernent le secteur de l’alimentation.
Certaines sont internationales, d’autres locales
Parmi ces déchets, certains proviennent d’un réseau de distribution international (Mondelez International, Nestlé). Leurs répartitions est à l’échelle de la portée de la marque qui les a produits (exemple : les emballages de ®Kinder, dont le groupe ®Ferrero exporte sur presque toute la surface du globe, n’ont pas là même porté qu’un emballage provenant d’un commerce local).

Les grands gagnants des déchets des marques 2016

Remerciements

Cette opération a été réalisée grâce à l’aide efficace des nombreux volontaires, bénévoles et contributeurs qui s’y sont impliqués. Expédition MED a pu bénéficier de leurs connaissances, parfois pointues, dans les sujets que concernent ce rapport.

Nos remerciements à : Céline Reyboubet des initiatives Océanes de Surfrider et aux organisateurs des associations  : Riskladenn Surf Club de Douarnenez, Omana Riotte, Association Les Mains dans le sable, Céline Combas, Bruno Mottais, Ré surf, Papaï paddle, Camping Interlude, Centre de Formation Objectif, CSBCA Club du Soleil Bordeaux Côte d’Argent, Damien Grosset, Association Imaginat, Clément Lallait, PP Plastic Pick Up et Laurent Authier, Club de plongée Lagachon Tranquille, Julian Jambou…, aux bénévoles ramasseurs et aux collectivités locales ayant contribués à ces nettoyages de plages.

Nos remerciements à l’équipe de jeunes Volontaires en Service Civique avec lesquels nous avons réalisé cette opération : Seréna Albert (spécialité : océanographie et environnements marins), Oscar Chuberre et Quentin Josso (spécialité : Ingénierie et Gestion du littoral et des Ressources Côtières), Thomas Defrance (spécialité : gestion de projet et écologie générale), Corentin Leblanc (spécialité : photographie), encadrés par Bruno Dumontet (directeur d’Expédition MED).

Et enfin, nos remerciements à Francis Roy, Laurence Marchadour et leurs enfants pour le stockage des déchets et l’assistance au nettoyage, ainsi qu’aux différents contributeurs bénévoles qui nous ont aidés à trier tous ces déchets.

L’ensemble de ces déchets a été conservé pour être présenté dans le cadre d’une future exposition itinérante pédagogique, scientifique et archéologique qui est en cours de réalisation.

L’objectif de cette exposition surprenante est d’expliquer comment tous les jours, nos déchets envahissent les mers et les océans du globe en se transformant peu à peu en une gigantesque soupe de plastique.

 C’est l’histoire de ce périple catastrophique, future bombe à retardement écologique que l’exposition souhaite dévoiler. Accessible à tous, cette exposition s’appuie sur les dernières recherches scientifiques, souhaite informer et marquer durablement afin de faire évoluer notre prise de conscience. Des solutions seront également présentées sur l’urgence d’agir ; personnellement, collectivement, politiquement…

Afin d’obtenir un état des lieux sur l’ensemble du littoral Français, l’opération « Déchets côtiers », sources et origines, Expédition MED souhaite poursuivre ce programme en Méditerranée, en manche et mer du Nord.

  Cette opération a été réalisée avec le soutient des partenaires d’Expédition MED et de la fondation Lea Nature et du Ministère de  de l’environnement, de l’énergie et de la mer  :

New Logo Fondation LEA NATURE+JB-QUADRI

 Télécharger le rapport :

Nos remerciements pour les photos ci-dessous  à :
Laurent Desmaret – photographe retoucheur : www.iconodia.com
et à :
à l’ Association les mains dans le sable 

32ème Salon National de la Conchyliculture

Invité au 32ème Salon National de la Conchyliculture et des Cultures Marines de Vannes Expédition MED a présenté les premiers résultats de son opération : « Déchets salés ».

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L’inauguration en présence du sénateur du Morbihan : Joël Labbé,  du maire de Vannes : David Robo et du président du syndicat national de la conchyliculture.
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Associés aux premiers éléments de présentation de sa future  Exposition pédagogique et photographique « Un océan de déchets salés », Expédition MED a restitué également une sélection de déchets récoltés sur les plages du littoral Atlantique suite aux collectes citoyennes de nettoyages de plages du littoral Atlantique réalisées au cours de l’hiver 2016.expedition-med-salon-conchyliculture-2 expedition-med-salon-conchyliculture-28

Les conchyliculteurs sont doublement concernés, même s’ils sont une source minoritaire de rejets de déchets plastiques en mer, ils peuvent également en devenir des victimes !
Par ingestion directe ou via le plancton contaminé, les organismes filtreurs peuvent accumuler de grandes quantités de micro- et de nano-plastiques.  Avec des conséquences sur la biologie des bivalves, sur la santé et sur l’économie !

Un consommateur européen moyen ingère environ 4 600 micro-plastiques par an, rien qu’en consommant des moules et des huitres.

Le test des microplastiques contenus dans les moules :
http://bit.ly/TestMicroplastiquesMoules

La vidéo du test en suivant ce lien : http://www.expeditionmed.eu/fr/

 

Les premiers résultats montrent que le plastique fait systématiquement un score de plus de 90%, et que les activités marines y prennent une part très variable (entre 10 et 70%). La conchyliculture semble une source minoritaire face à la pêche ou la plaisance, mais reste cependant largement significative.

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Dans le cadre de l’opération Déchets Salés : Résultats temporaires

103 747 macro-déchets ont déjà été triés et catégorisés  dont 95% sont en plastique selon un protocole standard. Provenant du nettoyage de 15 plages sélectionnées du littoral Atlantique selon leurs caractéristiques géographiques ce pourcentage est inédit et les sources de plastique sont fortement variables d’un site à l’autre.

 

 

dechets_conchylicoles

Nous avons retrouvé près de 4000 déchets plastiques conchylicoles, représentant un peu plus d’un dixième des déchets plastiques issus des activités marines, et 4% du total. Les plus nombreux proviennent de l’ostréiculture.

Il convient toutefois de relativiser ces résultats qui ne donnent qu’une image du littoral à un instant donné (printemps 2016). Notons également que certains hotspots conchylicoles  tels que le golfe du Morbihan ou le bassin d’Arcachon n’ont pas   été échantillonnés;

 L’opération déchets salés : Poster des premiers résultats
http://bit.ly/MEDdechetssaléspremiersresultats

Opération test « Déchets Salés »  réalisée avec le soutient de :

 

New Logo Fondation LEA NATURE+JB-QUADRI

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