« Microplastiques et proximité du littoral »

Une nouvelle publication scientifique vient de paraitre dans le cadre des campagnes d’Expédition MED,  sur les variations de la pollution plastique flottant de la mer Méditerranée en relation avec la distance à la terre.

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Changes in the Floating Plastic Pollution of the Mediterranean Sea in Relation to the Distance to Land.
Maria Luiza Pedrotti1,2*, Stéphanie Petit1,2, Amanda Elineau1,2, Stéphane Bruzaud3, Jean- Claude Crebassa4, Bruno Dumontet4, Elisa Martí5, Gabriel Gorsky1,2, Andrés Cózar5.

1 Sorbonne Universités, UPMC Univ Paris 06, UMR 7093, LOV, Villefranche sur mer, France, 2 CNRS, UMR 7093, LOV, Villefranche sur mer, France, 3 Laboratoire d’Ingénierie des Matériaux de Bretagne, Université de Bretagne-Sud, Rue de Saint Maudé, 56321, Lorient Cedex, France, 4 Expédition MED, 4 Allée des Avettes C.P., 56230, Questembert, France, 5 Departamento de Biología, Facultad de Ciencias del Mar y Ambientales, Universidad de Cádiz, Campus de Excelencia Internacional del Mar, E-11510, Puerto Real, Spain.

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Tous les échantillons traités contenaient des microplastiques allant de 13000 à plus de 578000 débris par km2 qui dérivent à la surface de l’eau avec les concentrations plus élevée dans la zone côtière de Nice.
Les débris plastiques flottants et le plancton de surface ont été échantillonnés dans le cadre des campagnes scientifiques des Expéditions MED  L’échantillonnage a été effectué sur un panel de 33 sites à travers la mer Ligure (Mer Méditerranée), avec des distances à la terre allant de 0,3 à 46 km. 54 % des sites d’échantillonnages étaient dans la bande d’eau de 1 km à côté de la côte continentale.

La composition, la distribution de taille et l’abondance des débris flottants en plastique dans les eaux de surface en mer Méditerranée ont été analysés par rapport à la distance à la terre. Nous avons combiné les données des rapports publiés antérieurement avec un échantillonnage intensif dans les eaux côtières du Nord-Ouest de la Méditerranée. Les concentrations en plastique les plus élevées ont été trouvées dans les régions éloignées de la terre, ainsi que dans le premier kilomètre à côté de la côte. Dans cette bande d’eau nearshore, les concentrations en plastique étaient significativement corrélées avec la proximité à une population humaine côtière, avec des zones locales à proximité de grands établissements humains montrant des centaines de milliers de pièces en plastique par km2. Le rapport de plastique pour l’abondance du plancton atteint des valeurs particulièrement élevées pour les eaux de surface côtières. Polyéthylène, le polypropylène et les polyamides sont les polymères plastiques prédominants à toutes les distances de la côte (86 à 97% des articles au total), bien que la diversité des polymères était plus élevée dans la bande des eaux côtières 1 km en raison d’une fréquence plus élevée de fibres de polystyrène ou polyacrylique. Les distributions de taille plastique ont montré une augmentation progressive vers l’abondance de petites dimensions indiquant une élimination efficace des petits plastiques de la surface. Néanmoins, l’abondance relative des petits fragments (<2 mm) était plus élevé au sein de la bande d’eau côtière 1 km, ce qui suggère une fragmentation rapide vers le bas le long du rivage, probablement liée avec le lavage à terre sur les plages. Cette étude constitue une première tentative pour déterminer l’impact des débris de plastique dans les zones les plus proches de la côte méditerranéenne. La présence d’une forte concentration de plastique, y compris les fragments en plastique minuscules pourrait être significative sur l’environnement, la santé et les impacts économiques.

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